Il est des témoignages qui traversent le temps et les frontières, parce qu’ils portent en eux la mémoire des crimes, la force de la résistance et l’exigence de justice.
Celui de Massoumeh Raouf en est un témoignage rare, courageux et bouleversant. Ancienne journaliste iranienne, prisonnière politique du régime des mollahs, aujourd’hui réfugiée en France, elle sera à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), vendredi 23 janvier 2026 pour raconter son histoire.
Celle de son arrestation, son incarcération en prison, la perte de son frère cadet Ahmad, exécuté en 1988 lors du massacre de 30 000 prisonniers politiques en Iran, puis son engagement contre le régime.
L’Iran a basculé en banalité du mal après la révolution de 1979
Son témoignage s’inscrit dans l’histoire d’une révolution confisquée. Après la révolution iranienne de 1979 contre le Chah, un immense espoir de démocratie s’était levé. Mais cet espoir fut rapidement brisé.
En quelques semaines, l’ayatollah Khomeiny, porté par une confiance aveugle, instaure un régime brutal. Toutes les forces armées sont placées à son service, la répression devient systématique, et l’Iran bascule dans ce que Massoumeh Raouf décrit comme une véritable banalité du mal.
Une exécution massive de 30 000 jeunes opposants en 1988
Arrêtée en 1981, Massoumeh Raouf est condamnée à vingt ans de prison pour son engagement politique.
Elle subit l’emprisonnement, la violence, la torture, avant de réussir une évasion après seulement huit mois de détention.
Son frère Ahmad, lui aussi résistant, n’aura pas cette chance : il sera exécuté en 1988, comme 30 000 autres jeunes opposants, dans un massacre aujourd’hui qualifié de crime contre l’humanité resté impuni.
Une vie quotidienne sous la terreur
À Nogent-le-Rotrou, l’ancienne journaliste viendra raconter non seulement sa propre condamnation et son évasion, mais aussi la vie quotidienne sous la terreur, la souffrance du peuple iranien, les solidarités clandestines et le courage de toute une résistance. Un devoir de mémoire et de transmission obligatoire pour elle.
Entre 1996 et 2001, elle a également mené un important travail de recherche sur les familles des exécutés politiques et sur la situation des prisons en Iran.
Engagée aujourd’hui au sein du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI), Massoumeh Raouf se bat pour que les responsables de ces crimes soient enfin traduits devant la justice internationale.
Des échanges avec les lycéens de Nogent-le-Rotrou
Sa venue à Nogent-le-Rotrou s’adresse tout particulièrement aux jeunes générations. Le 23 janvier 2025, Massoumeh Raouf interviendra ainsi le matin au lycée Rémi-Belleau, puis l’après-midi au lycée Sully.
La journée se conclura par une réunion publique au cinéma Le Rex, de 18 h 30 à 20 h 30, avec la possibilité de prolonger les échanges de manière informelle au Circonflexe.
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