Une opposante politique en conférence
Sur l’initiative du Circonflexe, le café associatif et culturel de Nogent-le-Rotrou, l’opposante iranienne Massoumeh Raouf vient le mois prochain à la rencontre des lycéens et du public nogentais.
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Par Stéphane Marchand
Publié le 22 décembre 2025 à 15h00 sur https://www.lechorepublicain.fr/
Elle compte à son actif des dizaines de conférences, un ouvrage dans lequel elle raconte sa captivité dans les geôles du régime iranien des mollahs et même une BD en hommage à son frère exécuté par le pouvoir islamiste. Aujourd’hui réfugiée en France, l’ancienne journaliste Massoumeh Raouf est attendue à Nogent-le-Rotrou le 23 janvier prochain où elle effectuera une tournée de conférences.
Les horaires seront confirmés le mois prochain mais l’ex-prisonnière politique du régime des mollahs devrait se rendre dans la matinée au lycée Rémi-Belleau, puis l’après-midi au lycée des métiers Sully, avant une réunion publique qui se tiendra en début de soirée au cinéma Le Rex.
Une connexion avec René Darsy
Pour le Circonflexe, le café associatif et culturel de la rue de la Herse, avec à sa tête Élisabeth Frontino, « c’est déjà une fierté que d’accueillir une femme de cette trempe qui s’est battue avec autant de conviction et de courage pour sa liberté ». La connexion avec Massoumeh Raouf s’est faite grâce à René Darsy, un ami du “Circo” qui y a déjà mené une conférence dans le cadre des ateliers Mais(s) Pourquoi sur la thématique “Quelle constitution pour quelle démocratie ?”.
Il explique : « J’ai eu l’occasion d’assister à une conférence que Massoumeh Raouf a donnée à Paris il y a quelques mois. J’ai gardé ses coordonnées et suis resté en contact avec des associations qui la soutiennent ou avec lesquelles elle est engagée pour tenter de faire la lumière sur certaines exactions du régime islamiste en Iran ».
Un camouflet
Elle en a vécu l’expérience. Sympathisante des Moudjahidines du peuple d’Iran, opposants au régime des mollahs, elle a été arrêtée et condamnée en 1981 à 20 ans de prison. Elle est parvenue à s’évader, au bout de huit mois d’incarcération, de la prison de sécurité de Racht, une ville au nord de l’Iran, sous le contrôle « des impitoyables Gardiens de la Révolution ».
C’est ce dont elle témoigne dans un livre intitulé Évasion de la prison d’Iran et sous-titré : « Je rêvais de liberté, alors je me suis évadée de la prison du régime des mollahs » (Éditions Balland). Outre le camouflet qu’a été son évasion pour ses geôliers, elle explique dans son ouvrage : « Je n’ai passé que quelques mois dans les cachots des mollahs iraniens. Pourtant, il me semble que j’y ai passé toute ma vie. Car toute ma vie s’est trouvée changée par cette épreuve. »
« Des leçons à tirer d’une courageuse et tragique histoire... »
Massoumeh Raouf, membre du Conseil national de la résistance iranienne fera également le récit du “massacre des 30.000” en 1988, dans lequel elle a perdu son frère cadet, Ahmad. Elle en raconte les contours dans sa BD Un Petit prince au pays des mollahs, préfacée par Ingrid Bétancourt et Linda Chavez. Ce sera l’occasion pour elle d’évoquer le combat que des milliers de familles mènent encore en Iran pour tenter de retrouver la trace d’un proche exécuté en 1988.
« La plupart de ces 30.000 jeunes opposants ont été inhumés dans des fosses communes afin que leurs familles ne puissent jamais les retrouver et en faire des martyrs du régime », commente René Darsy. Pour lui, le témoignage de Massoumeh Raouf « doit nous mettre sur la voie des leçons à tirer d’une courageuse et tragique histoire, pour l’Histoire... celle d’une Révolution volée, une de plus... » ■


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