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jeudi 15 janvier 2026

Ô Mères d’Iran de Massoumeh Raouf : le cri d’une mère courage

 actualitte.com : Publié le : 15/01/2026 à 16:46 Christian Dorsan



« L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie » avait déclaré Mendès-France à la tribune de l’Assemblée Nationale. L’Iran, pour son grand malheur, se prête parfaitement à cette maxime. Massoumeh Raouf, journaliste iranienne, a fui son pays à la suite de sa condamnation à 20 ans de réclusion. Elle réussit à s’évader de prison et a raconté sa détention ainsi que son évasion en 2022 aux éditions Balland dans Évasion de la prison d’Iran

Profondément marquée par l’exécution de son jeune frère, elle publie ensuite, Un petit prince au pays des mollahs aux éditions S-Active. Attentive à l’actualité de son pays, elle alerte et dénonce sans relâche les répressions des dirigeants et est convaincue, qu’un jour, le régime actuel tombera et qu’elle pourra revenir enfin dans son pays natal. Mais elle nous met en garde : le peuple iranien ne souhaite « ni mollahs ni Chah » et elle informe sur les fausses informations véhiculées par les médias.

Hasard de calendrier, Massoumeh Raouf publie prochainement, Ô Mères d’Iran, aux éditions Intervalles (06/03), un livre témoignage sur ces mères qui depuis des décennies vivent dans la douleur et la peur.

« Raconter, sans aucune censure, l’histoire de l’Iran »

Ce récit retrace la vie d’une mère, Ebrahimpour ,comme il y en a tant en Iran, qui voit sa famille détruite par le régime. Massoumeh Raouf nous confie que : « À travers ce roman, j’ai voulu retracer l’histoire réelle et contemporaine de l’Iran, de la dictature du Shah à celle des mollahs. On dit souvent que « l’histoire est écrite par les vainqueurs », mais la vérité est qu’ils la falsifient. Ils la déforment et la réécrivent selon leurs intérêts. Aujourd’hui encore, ils déploient toute leur énergie pour travestir la réalité et diffuser des fausses informations. »

Elle ne cache pas qu’à travers de ce roman, son ambition « était de raconter, sans aucune censure, l’histoire de l’Iran vue du cœur de la résistance, à travers la voix de ceux que l’on n’entend jamais : les mères. Si l’Iran est aujourd’hui en ébullition contre ce régime oppresseur et meurtrier, ce soulèvement est le résultat de décennies de lutte, de souffrance et de patience. Ces mères ont refusé que la mémoire de leurs enfants soit effacée. Elles ont transmis le flambeau de la résistance de génération en génération. Elles sont la fierté du peuple iranien. Elles ont appris aux nouvelles générations de femmes iraniennes le secret de la résistance et la clé de la liberté. »

Entre deuil et courage, ce roman à charge parle de la combativité de toutes les mères qui connaissent l’injustice et qui tirent une grande force des épreuves pour ne pas sombrer dans l’abattement et le désespoir. Il faut rappeler que les femmes sont toujours plus victimes que les hommes dans les régimes totalitaires et surtout religieux :

Je pense qu’elles sont avant tout les victimes de la folie des hommes. Il ne s’agit pas seulement d’une question de genre, mais d’un système idéologique profondément ancré dans la misogynie. Toutes les répressions, humiliations et souffrances que subissent les femmes et les mères — que ce soit au sein de la famille, de la société ou du pouvoir politique — reposent sur cette domination patriarcale.

Malheureusement, en Iran, depuis 47 ans, les fondements d’un régime corrompu et répressif reposent sur la misogynie institutionnalisée. Ce régime a revêtu les habits de la religion et de l’islam pour s’immiscer dans tous les aspects de la vie personnelle, sociale et politique des femmes, afin de mieux les contrôler et les opprimer. 

Face à cette violence, les mères sont devenues des figures de résistance et de courage. Ce livre est un cri de rage universel des mères qui perdent leur enfant et qui transforment la haine en amour, c’est un roman qui rend hommage à toutes les Iraniennes qui se nourrissent l’espoir d’un Iran enfin libre.

Nous laissons Massoumeh Raouf  clôturer cet article en parlant des mères qui ont perdu leur enfant : « Aucune mère ne peut supporter de voir son enfant souffrir, ne serait-ce qu’un instant. L’amour maternel est un amour absolu, offert par Dieu ou par la nature. C’est un amour pur, désintéressé, qui ne réclame rien pour soi, mais espère tout pour l’enfant. »

« J’ai découvert la profondeur de cet amour à travers l’âme et la tendresse de ma propre mère. Je me souviens qu’elle répétait sans cesse : "Que je meure avant vous, pour ne jamais avoir à témoigner de votre douleur." À l’époque, dans l’insouciance de ma jeunesse, je ne comprenais pas la portée de ses paroles. Mais au fil des épreuves, face à la détresse des mères de martyrs et à la perte de mon propre frère cadet, j’ai compris le sens de ces mots dans chaque cellule de mon corps. »

« En réalité, bien que ce livre relate l’histoire de la mère Ebrahimpour et de ses enfants, j’ai souvent eu le sentiment, en l’écrivant, de raconter l’histoire de ma propre mère. Écrire ce livre était pour moi une dette morale envers toutes ces mères dont j’ai recueilli les confidences et les larmes. On ne cesse jamais d’être mère : on devient la gardienne d’une mémoire sacrée. »

https://le-blog-de-christian-dorsan.over-blog.com/2026/01/interview-massoumeh-raouf.html

  

Témoigner pour ne pas oublier : Le prix de la liberté en Iran

 Le 14 janvier, la chaîne TF1 a diffusé un reportage bouleversant sur les réalités du soulèvement populaire en Iran. Ce programme a été l'occasion pour Massoumeh Raouf, par sa présence, de faire vivre la mémoire de ces visages gravés dans notre mémoire collective.

Elle a témoigné dans cette émission pour être la voix de ceux qui se sont levés pour la liberté. Ce reportage rappelle le chemin difficile et le prix lourd payé pour le droit à la liberté ; un message pour nous faire savoir que l'oubli est une complicité avec l'injustice.



mercredi 14 janvier 2026

Iran : la contestation persiste face à une répression implacable

Malgré une répression sanglante et les tentatives du régime d’étouffer toute communication, le mouvement de protestation continue de s’étendre à travers le pays. Avec plus de 3 000 victimes recensées, les Iraniens s’organisent désormais en réseaux de résistance structurés, bravant la censure et la peur.



Par Massoumeh Raouf, publié le 14 /01/ 2026 sur

https://www.oeil-maisondesjournalistes.fr 


Deux semaines après le début du soulèvement national en Iran, le régime clérical fait face à une contestation d’une ampleur et d’une maturité inédites. Selon l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI), le nombre total des personnes tuées lors des manifestations entre le 28 décembre et le 11 janvier dépasse les 3 000. Ce bilan, établi à partir d’enquêtes menées dans 195 villes auprès de sources locales, d’hôpitaux, de services médico-légaux et des familles des victimes, met en lumière l’ampleur d’une répression qualifiée de systématique.

Dans une déclaration publiée le 12 janvier 2026, Mme Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), a dénoncé un « crime majeur contre l’humanité » et affirmé que « les commanditaires et les exécutants de ce massacre impitoyable devront rendre des comptes dans l’Iran démocratique de demain ». Elle a présenté ses condoléances aux familles des victimes, qualifiées de « martyrs d’un soulèvement national pour la liberté ».



Face à l’extension rapide du mouvement, les autorités iraniennes ont déployé leurs méthodes de répression les plus extrêmes : usage de balles réelles contre des civils non armés, arrestations massives et coupure quasi totale d’Internet à l’échelle nationale. Selon NetBlocks, organisme indépendant de surveillance du réseau, le pays est plongé dans un black-out numérique depuis le 8 janvier, une mesure destinée à isoler la population et à dissimuler la violence de la répression à la communauté internationale.

Pourtant, une anomalie frappe les observateurs : alors que le peuple est privé de connexion, les réseaux sociaux vibrent d’une propagande orchestrée. Cette stratégie repose sur l’activation des « SIM blanches », des accès privilégiés réservés aux agents cybernétiques du régime. Ces derniers saturent l’espace virtuel de fake news, simulent des divisions ou tentent d’imposer le mirage d’une alternative monarchiste afin de détourner l’attention des revendications radicales de la rue. Le régime utilise ainsi l’obscurité numérique des citoyens pour mener sa propre guerre psychologique et briser la coordination entre les manifestants.


Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, s’est dit dimanche « profondément horrifié » par les rapports faisant état d’un usage excessif et meurtrier de la force contre les manifestants. Par la voix de son porte-parole, il a fermement soutenu le droit des citoyens à exprimer leur mécontentement de manière pacifique et sans crainte. Exigeant que les autorités fassent preuve de la plus grande retenue, il a exhorté le régime à éviter tout recours à une « force inutile ou disproportionnée ». De plus, M. Guterres a lancé un appel pressant pour garantir le libre accès à l’information et le rétablissement immédiat de toutes les communications Internet.



 Sur le terrain, le mouvement s’étend à au moins 190 villes. À Téhéran, des affrontements ont été signalés dans plusieurs quartiers, notamment Punak, Sadeghieh, Zafaraniyeh et Ekbatan. Des groupes de jeunes ont incendié des véhicules des forces spéciales, détruit des équipements de surveillance et scandé des slogans hostiles au Guide suprême, Ali Khamenei.


L’épicentre de la résistance du 9 janvier a été Zahedan. Malgré un important dispositif de sécurité et l’usage de balles réelles près de la mosquée Makki, une foule immense a manifesté. Dans une démonstration significative de solidarité nationale, des femmes et des jeunes Baloutches ont scandé : « De Zahedan à Téhéran, ma vie pour l’Iran ! », brisant ainsi le discours séparatiste du régime. À Izeh et Mashhad, la situation a pris l’allure de ce que des observateurs décrivent comme une « défense légitime » : des jeunes rebelles ont pris d’assaut des bases du Bassidj et des séminaires servant de centres logistiques à la répression.


Malgré le déploiement des unités spéciales, la rue ne recule pas. À Téhéran, les quartiers de Punak, Zafaranieh et Sadeghieh sont le siège de combats de rue nocturnes. Les informations font état d’un appareil répressif au bord de la rupture. Des communications radio interceptées à Ispahan et Borujerd révèlent le chaos des forces de sécurité, des commandants criants « Nous n’avons plus d’hommes ! » face à la détermination des jeunes rebelles. Les cibles sont désormais stratégiques : les séminaires servant de bases aux milices Bassidj et les centres de radiodiffusion d’État sont pris d’assaut, frappant le régime au cœur de son appareil idéologique.


Un mouvement politiquement mûr : « Ni Shah, ni Mollah »

Au-delà de la colère, les slogans révèlent une maturité politique marquée. Les manifestants rejettent à la fois la théocratie actuelle et toute tentative de restauration de l’ancienne monarchie. À Tabriz, le cri a été sans équivoque : « L’Azerbaïdjan a trouvé sa voie, il a rejeté le Velayat (cléricalisme) et la monarchie ». Partout, de Karaj à Téhéran, le mot d’ordre s’impose : « À bas l’oppresseur, qu’il soit le Shah ou le Guide ».


Malgré la violence extrême et l’isolement numérique, le soulèvement ne faiblit pas. L’échec du black-out et l’extension géographique du mouvement soulignent les limites de la force brute d’un régime à bout de souffle, réduit à utiliser ses derniers leviers : le massacre de masse et la manipulation cybernétique. Mais face à ces artifices, la clarté politique de la rue iranienne demeure le rempart le plus solide. Soutenir le peuple iranien aujourd’hui, c’est reconnaître la légitimité d’une résistance qui refuse les tutelles, qu’elles soient intérieures ou extérieures. Le futur de l’Iran ne s’écrira pas dans les algorithmes des fermes de bots ou à travers des idoles glorifiées, mais dans la volonté inébranlable d’un peuple bien décidé à reprendre sa voix des mains des tyrans et des manipulateurs de l’ombre.




samedi 3 janvier 2026

Évadée de la prison d’Iran, Massoumeh Raouf témoigne pour la mémoire et la justice à Nogent-le-Rotrou

 Ancienne journaliste iranienne et ancienne prisonnière politique, Massoumeh Raouf sera à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), le 23 janvier 2026, pour témoigner de son calvaire.

Massoumeh Raouf sera au cinéma Le Rex de Nogent-le-Rotrou, le 23 janvier 2026, pour témoigner de son parcours et de son combat contre le régime à la tête de l’Iran. ©Photo transmise à la rédaction

vendredi 2 janvier 2026

Evadée des geôles iraniennes, Massoumeh Raouf sera à Nogent-le-Rotrou le 23 janvier pour des conférences

 Une opposante politique en conférence

Sur l’initiative du Circonflexe, le café associatif et culturel de Nogent-le-Rotrou, l’opposante iranienne Massoumeh Raouf vient le mois prochain à la rencontre des lycéens et du public nogentais.

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Par Stéphane Marchand

Publié le 22 décembre 2025 à 15h00 sur  https://www.lechorepublicain.fr/


 

Elle compte à son actif des dizaines de conférences, un ouvrage dans lequel elle raconte sa captivité dans les geôles du régime iranien des mollahs et même une BD en hommage à son frère exécuté par le pouvoir islamiste. Aujourd’hui réfugiée en France, l’ancienne journaliste Massoumeh Raouf est attendue à Nogent-le-Rotrou le 23 janvier prochain où elle effectuera une tournée de conférences.

Les horaires seront confirmés le mois prochain mais l’ex-prisonnière politique du régime des mollahs devrait se rendre dans la matinée au lycée Rémi-Belleau, puis l’après-midi au lycée des métiers Sully, avant une réunion publique qui se tiendra en début de soirée au cinéma Le Rex.

Une connexion avec René Darsy

Pour le Circonflexe, le café associatif et culturel de la rue de la Herse, avec à sa tête Élisabeth Frontino, « c’est déjà une fierté que d’accueillir une femme de cette trempe qui s’est battue avec autant de conviction et de courage pour sa liberté ». La connexion avec Massoumeh Raouf s’est faite grâce à René Darsy, un ami du “Circo” qui y a déjà mené une conférence dans le cadre des ateliers Mais(s) Pourquoi sur la thématique “Quelle constitution pour quelle démocratie ?”.

Il explique : « J’ai eu l’occasion d’assister à une conférence que Massoumeh Raouf a donnée à Paris il y a quelques mois. J’ai gardé ses coordonnées et suis resté en contact avec des associations qui la soutiennent ou avec lesquelles elle est engagée pour tenter de faire la lumière sur certaines exactions du régime islamiste en Iran ».

Un camouflet

Elle en a vécu l’expérience. Sympathisante des Moudjahidines du peuple d’Iran, opposants au régime des mollahs, elle a été arrêtée et condamnée en 1981 à 20 ans de prison. Elle est parvenue à s’évader, au bout de huit mois d’incarcération, de la prison de sécurité de Racht, une ville au nord de l’Iran, sous le contrôle « des impitoyables Gardiens de la Révolution ».

C’est ce dont elle témoigne dans un livre intitulé Évasion de la prison d’Iran et sous-titré : « Je rêvais de liberté, alors je me suis évadée de la prison du régime des mollahs » (Éditions Balland). Outre le camouflet qu’a été son évasion pour ses geôliers, elle explique dans son ouvrage : « Je n’ai passé que quelques mois dans les cachots des mollahs iraniens. Pourtant, il me semble que j’y ai passé toute ma vie. Car toute ma vie s’est trouvée changée par cette épreuve. »

« Des leçons à tirer d’une courageuse et tragique histoire... »

Massoumeh Raouf, membre du Conseil national de la résistance iranienne fera également le récit du “massacre des 30.000” en 1988, dans lequel elle a perdu son frère cadet, Ahmad. Elle en raconte les contours dans sa BD Un Petit prince au pays des mollahs, préfacée par Ingrid Bétancourt et Linda Chavez. Ce sera l’occasion pour elle d’évoquer le combat que des milliers de familles mènent encore en Iran pour tenter de retrouver la trace d’un proche exécuté en 1988.

« La plupart de ces 30.000 jeunes opposants ont été inhumés dans des fosses communes afin que leurs familles ne puissent jamais les retrouver et en faire des martyrs du régime », commente René Darsy. Pour lui, le témoignage de Massoumeh Raouf « doit nous mettre sur la voie des leçons à tirer d’une courageuse et tragique histoire, pour l’Histoire... celle d’une Révolution volée, une de plus... » ■


jeudi 1 janvier 2026

Évasion de la prison d’Iran ; Rencontre avec Massoumeh Raouf

 https://ensemble28.forum28.net/ publier Par la rédaction | 22 décembre 2025

Massouneh Raouf sera au cinéma Rex à Nogent-le-Routrou, le 23 janvier (heure à préciser) invitée le café associatif Le Circonflexe.


Massoumeh Raouf Basharidoust, née en 1961, est une ancienne journaliste et prisonnière politique du régime des mollahs en Iran. Elle a été arrêtée en 1981 et condamnée à vingt ans de prison. Mais au bout de huit mois, elle a réussi à s’échapper. En 1988, son frère cadet est exécuté lors du massacre des 30 000 prisonniers politiques iraniens. De 1996 à 2001, elle a fait des recherches sur les familles des exécutés politiques et la situation des prisons en Iran. En résulte un travail collectif : « Massacre des prisonniers politiques » et « Des héros enchaînés ». Pour rendre hommage à son frère, elle a écrit la bande dessinée « Un petit prince au pays des mollahs ». Elle vit en exil. Engagée dans la « Campagne du mouvement pour la justice en faveur des victimes du massacre de 1988 », elle se bat aujourd’hui pour faire traduire en justice les auteurs de ce « crime contre l’humanité resté impuni »

samedi 13 décembre 2025

Le 41e Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, le 1 décembre 2025

 Le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse (SLPJ) de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, a tenu sa 41e édition pour une semaine intense de rencontres et de découvertes.

Cet événement était le dernier grand salon du livre de l'année 2025 auquel Masoumeh Raouf a participé sur invitation des Éditions S-ACTIVE.

Merci aux Éditions S-ACTIVE et à Marguerite Soudey pour cette invitation.



jeudi 4 décembre 2025

Table Ronde : La plume muselée – La Journée internationale des écrivains en prison à Sceaux


 L'Association Européenne des Étudiants en Droit de Sceaux (ELSA Sceaux) a organisé une table ronde percutante à l'occasion de la Journée internationale des écrivains en prison.

L'événement s'est tenu le mercredi 26 novembre 2025 de 18h à 20h en salle Imbert de la Faculté Jean Monnet à Sceaux (92330).

 Les intervenants

Les échanges ont bénéficié de l'expertise de deux invités, dont les parcours soulignent l'importance de la liberté d'expression :

  • Mme Masoumeh Raouf : Ancienne journaliste et ex-prisonnière politique du régime des mollahs en Iran. Arrêtée en 1981 et condamnée à 20 ans de prison, elle est parvenue à s'échapper après seulement huit mois de détention. Le public a pu découvrir son histoire à travers son ouvrage, « Évasion de la prison d'Iran ».

  • Mr. Walid Bourouis : Journaliste et formateur en Éducation aux Médias et à l'Information (EMI). Diplômé de l'Institut de Presse et des Sciences de l'Information et de l'École Politique de Tunis, il intervient aujourd'hui auprès de publics variés, notamment en milieu scolaire et carcéral.


Les témoignages au cœur des débats

Les interventions et la session de questions-réponses ont été chaleureusement accueillies par les étudiants présents, qui se sont montrés très sensibles aux thèmes abordés.

Masoumeh Raouf a notamment livré un témoignage poignant sur la situation des écrivains incarcérés en Iran. Voici un extrait de son discours :

« Chers étudiants en droit,

Aujourd’hui, je veux attirer votre attention sur une situation très grave. Elle touche non seulement la littérature, mais aussi les bases du droit international des droits de l’homme. En Iran, écrire est devenu un acte dangereux aux yeux de l’État.

D’après un rapport récent sur le début de l’année 2025, la pression juridique et sécuritaire contre les écrivains et les poètes s’est fortement intensifiée. L’Iran est maintenant le deuxième pays au monde qui emprisonne le plus d’auteurs, et le premier pour les femmes écrivaines.

Quelques chiffres : en seulement quatre mois et demi, au début de 2025, au moins 19 écrivains et poètes ont été arrêtés ou convoqués sans raison valable. Et il ne s’agit pas de simples arrestations. Beaucoup subissent la torture, l’isolement prolongé, et parfois même des condamnations à mort.

Il faut aussi comprendre que ces événements ne sont pas nouveaux. Ils s’inscrivent dans des années de répression continue. De nombreux auteurs sont en prison depuis longtemps, simplement pour avoir pensé ou écrit.

Je pense à Golrokh Ebrahimi Iraee. Elle a été condamnée pour un roman sur la lapidation… un roman jamais publié, retrouvé seulement dans ses brouillons. C’est une violation totale de la liberté de conscience.

N’oublions pas non plus Baktash Abtin, poète et membre de l’Association des écrivains iraniens. Il est mort en détention, victime d’une négligence médicale volontaire. Son histoire montre qu’en Iran, une peine de prison peut se transformer en peine de mort.

Aujourd’hui, le cas le plus inquiétant est celui de Peyman Farah-Avar, un poète de Gilan, ma région, de la ville de Rasht. Le 6 avril 2025, il a été condamné à mort pour avoir écrit des poèmes et dénoncé la destruction de l’environnement.

C’est un précédent terrifiant : la liberté d’expression devient un crime passible d’exécution.

D’autres écrivains sont aussi lourdement punis :

  • Sarveh Pourmohammadi, écrivaine kurde, condamnée à 5 ans de prison.

  • Cinq écrivains à Abadan, condamnés ensemble à plus de 10 ans.

  • Faramarz Se-Dehi, membre de l’Association des écrivains, condamné à presque 2 ans pour « propagande » et « insulte au Guide suprême ».

En tant que juristes, vous devez voir les violations graves de la procédure. Je les ai moi-même subies :

  1. Pas d’avocat : beaucoup n’ont pas le droit de choisir leur avocat, ce qui viole les normes internationales.

  2. Accusations vagues : les tribunaux utilisent des termes flous comme « guerre contre Dieu », « propagande contre le régime » ou « insulte aux sacro-saints » pour criminaliser toute critique.

  3. Torture : des poètes comme Mokhtar Alboushokeh et Adnan Abbadi ont été torturés si violemment que leur vie est aujourd’hui menacée, uniquement pour obtenir des aveux.

Pour conclure : ce qui se passe en Iran est une attaque contre la mémoire et la vérité d’un pays. Quand dire la vérité devient un crime puni de mort, le système judiciaire cesse d’être un système de justice : il devient un outil de répression. »

mercredi 3 décembre 2025

Avec Massoumeh RAOUF, femme de courage et de parole, qui a transformé l’horreur en témoignage et en combat.

 par Sonia Bévillard 



👧🏽​ Née en 1961 au nord de l’Iran, Massoumeh grandit dans une famille de classe moyenne où sa mère lui transmet que l’éducation et l’indépendance sont les clés de la liberté. Adolescente, elle s’éveille à la politique et s’oppose au régime autoritaire du Shah. L’année de son bac, elle rejoint les manifestations de la révolution de 1979, pleine d’espoir pour un avenir démocratique.


💔​ Mais l’arrivée au pouvoir de Khomeini brise cet espoir et elle rejoint des mouvements contestataires. En septembre 1981, à seulement 20 ans, elle est arrêtée pour ses convictions. Torturée, emprisonnée sans procès pendant huit mois, elle découvre la brutalité du régime. Son frère connaîtra un destin encore plus tragique : détenu comme prisonnier politique, il sera exécuté en 1988 lors du massacre de milliers d’opposants, une plaie qui ne s’est jamais refermée.


🔓 Massoumeh refuse pourtant de se résigner. En mai 1982, elle organise et réussit une évasion audacieuse, lors de laquelle elle escalade un mur de 4m de hauteur. En 1984, elle parvient à fuir l’Iran et trouve asile en France. Commence alors une nouvelle vie, faite de défis, d’adaptation, mais aussi d’une détermination intacte : continuer à lutter pour la liberté de son pays.


✍🏽​ En France, elle devient écrivaine et conférencière. Elle choisit le français pour témoigner de son histoire et dénoncer les crimes du régime iranien. Elle publie plusieurs ouvrages puissants, dont « Un petit prince au pays des mollahs » en hommage à Ahmad son frère cadet et « Évasion de la prison d’Iran », où elle raconte l’enfer carcéral et la force de la résistance. À travers son blog, ses interventions dans des salons du livre, ses conférences, elle porte haut la voix de celles et ceux qui n’en ont plus.


💪🏽​ Membre du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), parlement en exil, elle soutient le plan pour les libertés et les droits des femmes dans l’Iran de demain.


🙏🏽​ Elle incarne le courage, la résilience et la fidélité à ses idéaux. Elle est la preuve qu’on peut transformer la douleur en énergie de combat, et le silence imposé en une parole libératrice.

💬 Sa citation fétiche : « Femmes, résistance, liberté ! », le slogan du mouvement dont elle fait partie.


🌱 Sa philosophie : Résister aux obstacles, franchir les murs.

❓Pourquoi Massoumeh m’inspire ?
✅ Pour sa force inébranlable face à la violence et à la perte.
✅ Pour son choix de témoigner, encore et toujours, malgré la douleur.
✅ Pour sa foi en l’avenir et en la liberté de son peuple.
💪​Chaque femme qui ose s’affirmer ouvre la voie aux autres.
Ensemble, créons un monde où chacune prend la place qu’elle mérite !
✍️​Prête à écrire votre propre histoire ? 💬 Discutons-en ! www.joyeuxlundi.com
🙋🏻‍♀️Je suis Sonia Bévillard, fondatrice de Joyeux Lundi !
🙋🏻‍♀️ J’accompagne des femmes dans leur développement professionnel

jeudi 27 novembre 2025

15em édition du salon du livre de Migennes (Yonne), le 23 novembre 2025

 Salon du Livre organisé par la médiathèque Louis-Aragon de Migennes accueillant une centaine d'exposants (romanciers, éditeurs, auteurs de BD et associations culturelles) a été un succès ce dimanche 23 novembre.  


L'inauguration de cette édition a été marquée par la présence de François Boucher, maire de Migennes, et de son adjointe à la culture, Delphine Durieux, venus soutenir l'événement devant de nombreux Migennois.



Un temps d'échange privilégié a eu lieu entre M. Boucher, Mme Durieux et l'écrivaine iranienne Massoumeh Raouf. Ils ont exprimé leur soutien à ses activités, soulignant ainsi l'importance de la diversité culturelle et des voix internationales.

De plus, l'interview de Massoumeh Raouf sur scène par l'animateur Dominique Perreau a été l'un des temps forts. Cet échange passionnant, chaleureusement applaudi par le public, a enrichi les discussions entre les exposants et les visiteurs.