16 septembre 2026
Iran. Les architectes des crimes contre l’humanité commis dans le cadre de la répression des manifestations doivent être poursuivis par la justice internationale afin d’empêcher de nouveaux massacres
- Un nouveau rapport conclut que les autorités iraniennes ont commis des crimes contre l’humanité durant leur répression sanglante du soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022
- Une enquête approfondie dévoile la chaîne de commandement responsable de la mise en œuvre d’une politique d’État consistant à utiliser la force meurtrière pour écraser les manifestations, et identifie 87 représentants des autorités qui devraient faire l’objet d’enquêtes pour crimes contre l’humanité
- La répression meurtrière menée par les autorités iraniennes a visé de façon disproportionnée les populations kurdes et baloutches, qui ont été soumises à des actes de persécution constituant un crime contre l’humanité
- L’Assemblée générale des Nations unies doit créer un mécanisme international de justice pénale pour combattre l’impunité dont jouissent les responsables des homicides de masse répétés de manifestant·e·s, qui ont atteint leur paroxysme avec les massacres de janvier 2026
- Ce rapport paraît alors que des hostilités armées sont en cours depuis les attaques illégales menées par les États-Unis et Israël, soulignant la nécessité d’instaurer un cessez-le-feu durable et de demander des comptes pour les violations de la Charte des Nations unies et du droit international humanitaire
Dans un nouveau rapport majeur marquant le quatrième anniversaire du début du soulèvement Femme, Vie, Liberté, Amnesty International alerte sur le fait que les responsables des crimes contre l’humanité commis dans le cadre de la répression violente des manifestations en 2022 contrôlent toujours l’appareil de répression meurtrier de l’État iranien.
Ce rapport de plus de 1 000 pages, intitulé Architects of Atrocities: State Machinery Orchestrating Crimes Against Humanity in Iran’s 2022 Woman Life Freedom Uprising, dont une synthèse est disponible en français sous le titre Les architectes des atrocités. Des crimes contre l’humanité orchestrés par l’appareil d’État pendant le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022 en Iran, montre que les autorités iraniennes ont commis différents crimes contre l’humanité (meurtres, torture, disparitions forcées, emprisonnements, viols et persécution) pour des motifs politiques, ethniques, religieux et liés au genre, afin d’écraser le soulèvement. Il détaille également les opérations meurtrières de répression des manifestations et les structures de commandement, identifiant 87 membres des autorités qui devraient faire l’objet d’enquêtes pénales pour crimes contre l’humanité.
Amnesty International demande qu’un mécanisme international de justice pénale soit mis en place de toute urgence par l’Assemblée générale des Nations unies afin de réclamer des comptes aux autorités iraniennes responsables de crimes contre l’humanité et de les dissuader de commettre de nouvelles atrocités, comme les massacres de grande ampleur des 8 et 9 janvier 2026.
Au regard des hostilités qui sont en cours à la suite des attaques illégales menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, Amnesty International réitère aussi son appel à instaurer un cessez-le-feu durable et à mener des enquêtes indépendantes sur les attaques commises pendant ce conflit. L’organisation demande à l’ONU de réclamer des comptes pour les violations de la Charte des Nations unies et du droit international humanitaire, parmi lesquelles de possibles crimes de guerre.
« Les très nombreuses preuves recueillies et analysées dans notre rapport ne laissent aucun doute : les autorités iraniennes ont commis des crimes contre l’humanité pour écraser le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022. Elles ont lancé une attaque généralisée et systématique dirigée contre une population civile qui réclamait la dignité, le respect des droits humains et un changement politique de fond, en application d’une politique d’État consistant à recourir à la force meurtrière pour réduire à néant toute dissidence », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.
Notre rapport révèle également que les crimes contre l’humanité en Iran sont entretenus par une architecture de l’impunité intégrée aux cadres constitutionnel, législatif, politique et judiciaire du pays.
Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International




























