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jeudi 24 juillet 2025

Iran : Saeed Masouri, prisonnier politique, alerte le monde sur un « nouveau massacre » en prison


 Le 16 juillet 2025, les forces de sécurité iraniennes ont mené une opération choquante dans la prison de Ghezel Hesar, visant à enlever le prisonnier politique Saeed Masouri. Une tentative violente, stoppée in extremis par la résistance de ses codétenus. Ce n’est pas un incident isolé, mais l’expression d’un régime en crise.

[par Massoumeh Raouf, publié sur oeil-maisondesjournalistes.fr le 23/07/2025]


Une vie derrière les barreaux, un quart de siècle de résistance

Saeed Masouri est détenu depuis décembre 2000. Cela fait plus de 25 ans qu’il subit l’enfermement, sans jamais avoir bénéficié d’une seule journée de permission. Son seul « crime » : être accusé d’appartenance à l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI).

mardi 15 juillet 2025

L’appel terrifiant à la répétition du massacre de 1988 en Iran : Mon frère a été sacrifié, est-ce au tour des autres ?


 Ces jours-ci, une nouvelle choquante me hante, une nouvelle qui sent le sang, la haine et la vengeance. L’agence de presse Fars, affiliée aux Gardiens de la Révolution, appelle ouvertement et sans aucune honte, le 7 juillet 2025, à la répétition du massacre de 1988 ; un crime resté impuni pendant des années, comme l’a maintes fois souligné Amnesty International.

[Par Massoumeh Raouf, sur   oeil-maisondesjournalistes.fr  publié le 11/07/2025]


Une justification effrontée du régime

En tant qu’ancienne prisonnière politique, et plus douloureusement encore, ayant perdu mon cher frère Ahmad Raouf Basharidoust dans cet été sanglant de 1988 – dont j’ai raconté l’histoire dans mon livre « Un Petit Prince au pays des mollahs » – je considère ces déclarations non seulement comme provocatrices, mais aussi comme un avertissement sérieux pour l’avenir de l’Iran. Car avant 1988, alors que j’étais encore derrière les barreaux, j’ai souvent entendu mes bourreaux dire : « Si nous sommes sur le point de tomber, nous ne laisserons aucun de vous sortir vivant de prison. » Cette menace s’est concrétisée ; beaucoup de mes amis et codétenus ont été tués lors de ce même massacre, et si je ne m’étais pas évadée de prison – histoire que je relate dans mon livre « Évasion de la prison d’Iran » – j’aurais été l’une de ces victimes.

Comment osent-ils qualifier le massacre de plus de 30 000 prisonniers politiques, dont l’immense majorité était des membres ou sympathisants de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), d’« expérience historique réussie » ? Ces paroles, empreintes d’un cynisme inouï, transpercent le cœur et déchirent l’âme de ces millions d’Iraniens dont un être cher, un membre de leur famille ou de leurs proches, a été arraché à la vie lors du massacre de 1988.

mardi 8 juillet 2025

L’Iran au bord du gouffre : la guerre oubliée d’un peuple contre la tyrannie


 Le souffle d’une guerre régionale entre l’Iran et Israël, qui a tenu le Moyen-Orient en haleine pendant douze jours, s’est pour l’instant estompé. Mais derrière l’apaisement apparent, une autre guerre se poursuit, sourde, tenace, bien plus ancienne : celle du peuple iranien contre quarante-cinq ans de dictature théocratique. Une guerre sans fin, ignorée des radars diplomatiques, menée non avec des chars mais par la torture, la censure, les pendaisons, les prisons

[Par Massoumeh Raouf, sur   oeil-maisondesjournalistes.fr  publié le 08/07/2025]

À l’intérieur de l’Iran, cette période de tension régionale n’a fait qu’aggraver la répression. Le régime a intensifié les exécutions et les arrestations, profitant du brouillard médiatique pour raffermir son emprise sur une société déjà à bout. Cette guerre intérieure, silencieuse mais implacable, oppose un pouvoir fondé sur la violence et le dogme à une jeunesse éduquée, connectée, avide de dignité.