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lundi 9 février 2026

L’État iranien en guerre contre son propre peuple

 par  | 22 Jan 2026 | oeil-maisondesjournalistes.fr

Après des jours de déni et de censure, le guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, a fini par reconnaître l’ampleur du bain de sang en Iran. 

Pour écraser les manifestations pacifiques, les autorités iraniennes ont déclenché une répression d’une violence inouïe. Les forces de sécurité ont fait un usage massif et illégal de la force létale, transformant les rues iraniennes en champs de bataille. Pour dissimuler l’étendue des crimes, le régime a coupé l’accès à Internet dès le 8 janvier.

Le 9 janvier 2025, Ali Khamenei sort de son silence et ordonne une répression d’une extrême violence, qualifiant les jeunes manifestants de « terroristes ». Loin d’apaiser la situation, cette déclaration attise la colère populaire. Le soir même, les manifestations redoublent d’intensité. Des mitrailleuses lourdes et des tireurs d’élite sont alors déployés sur les hauteurs de Téhéran. Plus de 52 000 agents répressifs – pasdarans, bassidjis et mercenaires irakiens du Hachd al-Chaabi – sont mobilisés pour tenter d’étouffer l’explosion sociale.

Manifestations en Iran. Image diffusée sur les réseaux sociaux le 13 janvier 2026.

Itw Massoumeh Raouf, ancienne journaliste échappée d'Iran

 Radio2B

Grâce au Circonflexe, café culturel à Nogent-le-Rotrou, Armand et Rayan ont eu la chance d'échanger avec Massoumeh Raouf, ancienne journaliste échappée d'Iran, pour recueillir son témoignage.





https://www.remibelleau.fr/radio2b/category/blog/

https://audioblog.arteradio.com/blog/98098/podcast/268344/itw-massoumeh-raouf-ancienne-journaliste-echappee-d-iran



dimanche 8 février 2026

Massoumeh Raouf sur Radio France Info : « Pas de diplomatie avec les bourreaux »

Le samedi 7 février 2026, l'écrivaine et ancienne prisonnière politique iranienne, Massoumeh Raouf, a accordé un entretien direct et sans concession à Radio France Info. Dans un contexte marqué par la répression sanglante de janvier dernier en Iran, son message aux dirigeants occidentaux est clair : le temps du dialogue avec la tyrannie est révolu.



L'illégitimité du dialogue diplomatique

Interrogée sur les négociations entre les États-Unis et Téhéran, Massoumeh Raouf a exprimé l'indignation de toute une nation. Pour elle, s'asseoir à la table de ce régime après le massacre de milliers de manifestants est « inacceptable ». Elle dénonce une diplomatie de l'ombre qui ne sert qu'à donner du répit à un pouvoir au bord du gouffre. « Le renversement du régime est l’affaire du peuple iranien et de sa résistance », a-t-elle rappelé, soulignant que les Iraniens ne demandent pas aux puissances étrangères de se battre à leur place, mais de cesser de soutenir leurs oppresseurs.


Un combat personnel et national

L'écrivaine a apporté un témoignage poignant en rappelant que son propre frère cadet a été victime du massacre de 1988. Pour elle, l'impunité dont jouissent les dirigeants actuels, Khamenei en tête, doit cesser. Elle réclame des poursuites devant les tribunaux internationaux pour crimes contre l'humanité et une rupture totale des relations diplomatiques et financières avec le régime.


L'alternative démocratique est en marche

Loin d'un simple constat de désespoir, Massoumeh Raouf a mis en avant la maturité de l'opposition. En citant le rassemblement massif de 100 000 personnes à Berlin, elle a démontré l'unité des forces républicaines autour du plan en 10 points de Maryam Radjavi

Ce projet pour un Iran laïc, démocratique et non-nucléaire, garantissant l'égalité hommes-femmes et l'autonomie des minorités, représente aujourd'hui la seule voie crédible.

Le message de Massoumeh Raouf est un appel à la lucidité internationale. La solution ne viendra pas des chancelleries, mais de la rue iranienne et des unités de résistance. Il est temps que le monde reconnaisse le droit légitime du peuple iranien à renverser la dictature pour instaurer une République fondée sur la liberté.

Salon du livre féministe « Délivrées » à la Maison de la Culture d’Amiens

Le 1er février 2026, la Maison de la Culture d’Amiens a accueilli la première édition du salon du livre féministe « DÉLIVRÉES ». Organisé par Femmes Solidaires Comité de la Somme et le magazine Clara, cet événement a donné la parole à celles qui font de l'écriture un acte de résistance.

Les débats, orchestrés par Marie Sicaud, journaliste à France 3 Picardie, ont été structurés autour de deux thématiques majeures où Massoumeh Raouf a apporté un éclairage essentiel.


D'abord, lors d'une table ronde dédiée au rôle crucial d'Internet et des réseaux sociaux dans les luttes actuelles, elle a témoigné de l'importance de ces outils pour briser le silence. Ensuite, le débat s'est porté sur les femmes et l'exil. Un moment d'une rare intensité où Massoumeh Raouf, aux côtés de Juliette (Lesmotsduliban), a partagé son histoire personnelle.

Contrainte de quitter son pays contre son gré, elle a expliqué que l'exil n'était pas un choix, mais une nécessité absolue pour survivre et poursuivre son combat. Sous le coup d'une condamnation à mort et traquée par le régime des Mollahs, elle a dû s'arracher à sa terre pour ne pas être réduite au silence, affirmant aujourd'hui que « l’heure de la fin est proche » pour ses oppresseurs grâce au courage des femmes.


vendredi 6 février 2026

« Les femmes sont l’avenir du changement en Iran » Massoumeh Raouf livre un message d’espoir à Amiens

 1er février 2026 - Ludovic Lascombe  - courrier-picard

La journaliste iranienne et réfugiée politique était invitée du 1er salon du livre féministe à la Maison de la culture d’Amiens. Elle est revenue sur l’actualité de son pays ayant subi une répression violente du régime des Mollahs.


Massoumeh Raouf, réfugiée politique iranienne en France, a témoigné au salon du livre féministe d’Amiens 



Réfugiée politique en France depuis 1985, Massoumeh Raouf, journaliste iranienne, ayant connu la prison et la torture sous le régime islamique de l’Ayatollah Khomeini,  n’a rien perdu de la ferveur de son combat pour un Iran démocratique et égalitaire entre les hommes et les femmes.












Colloque avec d’autres auteurs féministes dont notre consœur du Courrier Picard Lilou 

Invitée du 1er Salon du livre féministe, dimanche 1er février 2026, à la Maison de la Culture Amiens (MCA), cette sexagénaire, membre du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), a témoigné de l’actualité récente, avec les manifestations populaires au début de l’année réprimées dans un bain de sang. Elle pense que l’heure de la fin est proche pour le régime des Mollahs grâce au rôle actif des femmes. Interview.

L’Iran est revenu au cœur de l’actualité de manière violente en ce début d’année. Quel est votre état d’esprit ?

C’est très, très dur de voir ce qu’il se passe dans mon pays. Ce régime a tué dans la rue des milliers de personnes qui manifestaient pacifiquement pour plus de liberté. Pour couvrir son crime, il a instauré un black-out total en coupant internet. Mais de nombreuses images et témoignages ont pu nous parvenir. Les vidéos tournées à la morgue de Kahrizak, près de la capitale Téhéran, devant laquelle des milliers de personnes tentent de récupérer les corps de leurs défunts dans des sacs mortuaires noirs sont révélatrices. Mais si le régime a réagi ainsi, c’est parce qu’il a peur et sait sa fin proche.


Votre frère a lui-même été tué lors d’une vague de répression en 1988, ce que vous racontez dans votre livre « Un petit prince au pays des Mollahs ».

Le régime des Mollahs a toujours fonctionné par la terreur. En 1988, l’ayatollah Khomeini avait lancé une fatwa pour éliminer la résistance intérieure. En quelques mois, les Gardiens de la Révolution ont tué 30 000 prisonniers politiques, dont mon frère qui était âgé seulement de 24 ans. En juillet 2025, l’agence de presse officielle du régime a évoqué cet épisode en justifiant que c’était un « acte défendable qu’il fallait répéter » pour sauvegarder la Révolution islamique. C’est exactement ce qu’ils viennent de faire lors de ce massacre inouï en quelques jours par son ampleur.


En tant qu’Iranienne exilée depuis 40 ans, pensez-vous qu’un jour votre pays retrouvera sa liberté ?

Pour moi c’est une évidence. Ce régime est désormais rejeté massivement par la population. Le mouvement de contestation qui a éclaté à la fin de l’année touche tout le territoire et les différentes couches de la société. Cependant le régime ne pourra tomber que par l’action de la résistance iranienne. Cela ne pourra pas se faire avec une intervention militaire étrangère ou en imposant un autre dictateur. Reza Pahlavi, le fils du Shah que ma génération a également combattu, n’est pas aussi populaire qu’affirment certains médias.


Vous êtes présente au Salon du livre féministe à Amiens. Quel rôle jouent les femmes dans votre pays dont on sait qu’elles ont déjà payé un lourd tribut ?

En Iran, les femmes qui sont plus diplômées que les hommes ont toujours joué un rôle d’avant-garde. Le mouvement des Moudjahidines du peuple iranien (à l’origine de la révolution de 1979) auquel j’appartiens prône une société égalitaire entre les hommes et les femmes. Depuis la mort de Mahsa Jina Amini (en décembre 2022, Ndlr) et le mouvement « Femme, vie, liberté » elles ont montré qu’elles sont la force de changement pour l’avenir de notre pays.


Une femme libre et puissante

Massoumeh Raouf, 65 ans, est le visage de ces femmes iraniennes qui combattent pour leur liberté souvent au péril de leur vie. Cette journaliste, membre de l'Organisation des moudjahidines du peuple iranien - défendant une société démocratique et laïque et une interprétation moderne de l'Islam - a participé au soulèvement populaire contre le régime du Shah d'Iran, en 1979 avant que leur révolution ne soit confisquée par les Mollahs, porteurs d'un islam rigoriste et anti-occidental.

Faite prisonnière en 1981, et torturée, elle réussit à s'évader et trouve refuge politiquement en France en 1985. Son frère Ahmad, resté au pays, est tué lors de la grande vague d'exécutions collectives contre les opposants au régime en 1988.

Aujourd'hui écrivaine, et vivant en région parisienne, elle intervient régulièrement dans les collèges et lycées pour relater l'histoire douloureuse de son pays et de la condition féminine.

par  Ludovic Lascombe



Amiens : un premier salon des livres féministes dimanche 1er février à la Maison de la culture

 

« Délivrées !, la première édition du salon des livres féministes » sera accueillie, dimanche 1er février, à la Maison de la culture d’Amiens dans le cadre de l’Amiens Europe – Feminist Futures Festival 2026.

Par De notre correspondant Christian Legris

Publié: 30 Janvier 2026  courrier-picard

L’association amiénoise Femmes solidaires déclinera, dimanche 1er février, le concept imaginé par Clara magazine. « Délivrées ! la 1re édition du salon des livres féministes » est accueillie à la Maison de la culture d’Amiens dans le cadre de l’Amiens Europe – Feminist Futures Festival 2026.

Sept autrices, dont quatre Amiénoises, participeront à des tables rondes régulées par la journaliste Marie Sicaud. Maureen Desmailles, Lilou Boulanger, Massoumeh Raouf, Juliette Elamine, Lisa Balavoine, Mathilde Barbier, Paola Guzzo seront présentes.

Les échanges débuteront à 11 heures sur le thème des réseaux sociaux et de leur influence. À 12 heures, il sera question des Femmes en exil. L’Iranienne Massoumeh Raouf apportera son témoignage dans la période dramatique que vit son pays. 

Les violences sexistes et sexuelles seront abordées à 14 heures. Dès 15 heures, entre humour et pédagogie, Bettina Zourli animera sa conférence gesticulée « Pourquoi j’ai invité mon agresseur à mon mariage ».


mercredi 4 février 2026

Massoumeh Raouf, une résistante iranienne à Nogent-le-Rotrou

 Par la rédaction | ensemble28.forum28.net  | 29 janvier 2026


Massoumeh Raouf, prisonnière politique iranienne, évadée en 1982, ce qu’elle raconte dans le livre Évasion de la prison d’Iran, était journaliste au Moudjahidin, elle est maintenant écrivaine installée en France. Elle est depuis longtemps engagée pour la libération de l’Iran du régime des mollahs et est actuellement membre du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI).

Rencontre des élèves des lycées Sully et Rémi-Belleau avec opposante iranienne Massoumeh Raouf

  Ce vendredi 23 janvier 2026, la capitale du Perche a vécu une journée placée sous le signe de la mémoire et de la liberté. L’ex-journaliste et figure de l’opposition iranienne, Massoumeh Raouf, s'est rendue à Nogent-le-Rotrou pour une double conférence devant les élèves des lycées Sully et Rémi-Belleau.



Face à une centaine d’élèves de Lycée Rémi Belleau absorbés par son témoignage, l’ex-journaliste Iranienne Massoumeh Raouf parle de la dictature monarchique du Chah à celle des mollahs, de son histoire personnelle et l’actualité des dernières semaines. Des moments riches en échanges et en émotions.

mardi 3 février 2026

« C’est le cri d’une nation qui rejette la dictature » : l'opposante iranienne Massoumeh Raouf sera vendredi en Eure-et-Loir

 Opposante iranienne au régime des mollahs et ancienne journaliste, Massoumeh Raouf vient ce vendredi 23 janvier 2026 à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) animer une conférence, à 18 h 30, au cinéma Le Rex. Outre le récit de sa vie de résistante qu'elle a déjà consigné dans plusieurs ouvrages, elle va aussi témoigner de la situation actuelle en Iran.

Par Stéphane Marchand

Publié le 21 janvier 2026


Invitée par le café associatif et culturel Le Circonflexe, à Nogent-le-Rotrou, l'opposante iranienne Massoumeh Raouf vient ce vendredi 23 janvier 2026 dans la capitale du Perche à la rencontre des élèves des lycées Sully et Rémi-Belleau.

Le grand public est attendu en nombre, vendredi soir, à la conférence qu'elle donnera à partir de 18 h 30 au cinéma Le Rex.

 

Comment vivez-vous la situation des manifestations qui se déroulent depuis quelques mois en Iran?

Pour être honnête, il m’est extrêmement difficile et douloureux d’être témoin de tant de souffrance et du meurtre de mes compatriotes sans défense. Il est insupportable de voir ces criminels et ces bourreaux bénéficier d’une telle impunité.

Devant ces scènes, mon cœur s’arrête de battre. Mais d’un autre côté, je suis rempli de fierté devant la splendeur de la résistance et le courage du peuple iranien. Des citoyens de tous âges et de toutes conditions se sont levés pour mettre fin à un régime corrompu et responsable de décennies de violence et de répression. Ils ont donné au mot “courage” un sens nouveau, non seulement pour les Iraniens, mais pour l’humanité tout entière.

Pour beaucoup d’Européens, l’Iran reste un pays lointain; pour nous, chaque manifestation signifie des vies brisées, des familles endeuillées et un peuple qui refuse de se taire.