par Massoumeh Raouf
Le 4 mai n’est pas pour moi une simple date ; c’est le rappel d’un soir où mon destin a basculé pour toujours. Si, il y a 44 ans, mon évasion de la prison des Gardiens de la Révolution n'avait pas eu lieu, je ne serais plus là aujourd'hui pour témoigner de ma traversée de l’enfer. Je serais, comme mon frère Ahmad et la plupart de mes compagnons de cellule, une victime de plus du massacre des prisonniers politiques de 1988 en Iran.Jeune journaliste, j’ai connu la torture et le mur de silence des geôles des mollahs. Mon incroyable évasion de cette prison de haute sécurité n'était pas seulement une quête de survie personnelle. C'était le point de départ d'une mission sacrée : briser les chaînes du silence pour porter la voix de ceux que l'on tente d'étouffer.
Aujourd'hui, je dédie cet anniversaire à la mémoire d'Ahmad, mon cher frère, lâchement assassiné lors du massacre de 1988. À travers mes trois livres, je continue de dénoncer ce régime sanglant pour que justice soit rendue à tous ces héros exécutés.
La situation en Iran est explosive. Malgré la répression féroce, je reste convaincue que la flamme de la résistance se transmet entre les générations et que la jeunesse d'aujourd'hui achèvera ce combat pour la liberté que nous avons initié.
Je ne cesserai jamais de lutter, car mon rêve de liberté ne sera total que le jour où l’Iran tout entier sera libre.


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