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vendredi 19 juin 2026

Ô mères d'Iran, témoignage authentique, touchant et très inspirant de Massoumeh RAOUF.

 par Pravina Nallatamby, Edition et documentation au Conseil international de la langue française

Merci pour ce témoignage authentique, touchant et très inspirant, Massoumeh RAOUF.  

Voici quelques impressions sur cet ouvrage dans L' Anthologie des littératures francophones publiée par le CILF (Conseil international de la langue française) 


Massoumeh Raouf

Biographie

Massoumeh Raouf, journaliste  et écrivaine est née à Racht en 1961. Après son baccalauréat, elle rejoint l’organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI), le groupe d’opposition politique le plus important du pays et collabore au quotidien « Moudjahid ». L’organe de presse sera interdit très vite. Arrêtée et condamnée à vingt ans de prison en 1981 sous les régimes des mollahs en Iran, elle finit par s’évader et se cache avant d’arriver en France en 1985. Vivant en exil, elle demeure une femme très engagée et milite pour la liberté et la justice. Ses recherches sur ces victimes politiques et les prisons iraniennes du régime Khomeini réalisées avec Amnesty International aboutissent à la publication de deux ouvrages collectifs : Massacre des prisonniers politiques et Des héros enchaînés.

En 2018, elle publie Un Petit Prince au pays des mollahs, un vibrant témoignage historique en hommage à son frère exécuté lors du massacre de 1988 de 30 000 prisonniers politiques. En 2022, parait Évasion de la prison d’Iran où elle raconte comment elle s’est évadée de prison au bout de huit mois.

Ô mères d’Iran, un récit poignant sur les sacrifices des femmes iraniennes, parait en mars 2026.

En 2025, elle reçoit la Médaille d’Argent littéraire 2025 de la Société des Auteurs et Artistes Francophones (SAAF).

Morceaux choisis

  • Ô mères d’Iran, 2026

Pourquoi j’ai choisi ce texte ? (PN - Juin 2026)

Ce texte rappelle le rôle historique des femmes iraniennes dans la résistance contre la dictature et leur sacrifice face à la répression. Il souligne que leur courage et leur engagement, hérités des pionnières des années 1970, inspirent toujours les mouvements actuels.  Massoumeh Raouf nous montre comment cet héritage historique nourrit la résistance féminine face aux défis contemporains en Iran.

Dans ce témoignage poignant, Massoumeh Raouf, elle-même affectée par le régime des mollahs iraniens, raconte l’histoire tragique de Fatemeh Eslami, dont quatre enfants ont été assassinés après leur engagement dans l’Ompi en 1979, lors de la chute du Shah. Elle nous fait suivre la longue lutte d’un peuple face à l’oppression, mêlant habilement des souvenirs personnels aux événements historiques. Le récit commence par une période de bonheur et d’illusions, sous l’ombre du Shah, avant de révéler les rêves de justice et la résistance des mères en révolution. Le combat des jeunes devient celui des mères engagées corps et âmes avec toutes leurs familles. Dotées d’une conviction inébranlable et soudées par une remarquable solidarité populaire, elles participent à des manifestations et protestent contre l’injustice faite aux femmes et contre l’atteinte à la démocratie.

« (.) les femmes de Gorgan se distinguèrent par leur omniprésence dans les rues, portant en elles le souvenir puissant des pionnières du mouvement révolutionnaire des années 1970. Ces jeunes militantes, issues des guérilleros Fedaïn et des Moudjahidines du peuple, s’étaient engagées avec une ardeur inouïe dans la résistance contre la dictature du shah, après que toutes les voies pacifiques eurent été bloquées. Nombre d’entre elles avaient perdu la vie en affrontant la SAVAK, cette police politique si redoutée. Leurs sacrifices, leur courage face à la torture et l’emprisonnement, étaient une source d’inspiration intarissable pour l’engagement des femmes dans cette lutte sociale grandissante. »

La ténacité de Mère Rezaï, de Mère Kabiri et celle d’autres mères de prisonniers politiques forcent l’admiration. Malgré la perte de leurs enfants, certaines, capturées, emprisonnés et torturées vont mourir exécutées mais, en toute dignité.

La narration s’intensifie avec la répression, les cicatrices du combat et la voix de la résistance, illustrant la souffrance collective et la détermination malgré tous les dangers. La date du 20 juin 1981 marque un tournant, symbolisant l’année noire et la persistance des luttes. Enfin, l’histoire se conclut avec l’exil, l’espoir et l’appel à la justice à travers le massacre de 1988, témoignant de la résilience et de la quête de vérité du peuple.

En plongeant dans l’atmosphère dramatique et conflictuelle de cette période, on est profondément touché par le ton intime et poignant qu’emploie l’autrice pour évoquer la solidarité, le courage et les sacrifices du peuple. En donnant une voix aux femmes, Massoumeh Raouf offre une véritable dimension humaine à son récit et renforce l’impact de leur histoire tout en préservant la mémoire collective face à la répression actuelle en Iran. Ce témoignage authentique est un ouvrage incontournable pour comprendre la complexité des enjeux politiques et sociaux de ce pays.

Sources

Massoumeh Raouf, Ô mères d'Iran, © Éditions Intervalles, 2026, 188 p.

https://www.cilf-litteratures-francophones.fr/pages/massoumeh-raouf.html


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