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mercredi 8 juillet 2026

Ô mères d'Iran - Massoumeh Raouf - Éditions Intervalles

 par evlyne leraut sur L'élégancedeslivres

Ô mères d'Iran

Massoumeh Raouf

Mère Ebrahimpour et les pionnières de la liberté

Éditions Intervalles


Ô mères ! Main dans la main,

Debout, il faut former un rang,

Pour que le cœur de démon explose.

Criez ! Ensemble, criez !

Simin Behbahani, automne 1988.


Massoumeh Raouf conte la vie de « Mère Ebrahimpour » symbole de toutes les femmes iraniennes ployées sous le joug de l’oppression.

La résistance au fronton, ce témoignage précieux donne toute sa place au « Je ».

La voix de cette mère pénètre ce fondamental récit déchirant et nous plonge dans le versant noir d’une humanité fracassée.

L’année 1978 est le sceau de la révolte.

Une marée humaine qui défie le régime du Shat.

Le rêve d’une justice, la liberté albatros.

« Maman vient avec nous aujourd’hui. Il y a une grande manifestation dans le centre de Gorgan. Nous allons marcher pour la liberté. »

De la dictature monarchique à la dictature religieuse, le peuple est dupé.

La vérité ici est un cri dans la nuit noire.

« Massoud Radjavi est  le leader charismatique de l’OMPI.

« Je me souviens encore du silence dans la pièce, lorsque sa voix se fit entendre. Chaque mot semblait une promesse, son discours, un phare dans nos ténèbres. »

« Notre lutte contre les mollahs est avant tout un combat d’idées.

Maman, pas seulement une lutte politique.

C’est un affrontement entre deux versions de l’islam. Celle de Massoud Radjavi et celle de Khomeiny. C’est pour cela qu’il nous font payer un si lourd tribu. »

En mars 1979, les femmes ont un code vestimentaire imposé. Des lieux interdits, le port du voile obligatoire.

Mère Ebrahimpour perdra un à un ses enfants . La lutte acharnée est un voile ensanglanté sur les consciences.

Mère de toutes les forces vives. Elle n’a jamais mis un genou à terre, sauf pour enterrer elle-même un de ses enfants avec une pelle arrachée du bourreau.

L’honneur et l’inconditionnel amour pour ses fils et sa fille, assassinée, enceinte, avec son mari par les Pasdarans.

Ce livre est un flambeau qui éclaire notre pays des Droits de l’Homme.

Femmes encerclées, vives et combattantes. La mobilisation féminine et si spontanée est un contre-feu.

L’impulsion d’une survie dans un ordre de bataille organisé avec foi et conviction.

Dans un rythme politique et profondément humain, ce livre est universel tant il symbolise toutes ces mères, dont les douleurs assassines sont des leviers de courage et persévérance. 

Avec témérité elles sont la parabole des possibles. 

« Joseph l’égaré reviendra à Canaan. Ne t’inquiète pas. La cabane des peines fleurira un jour, ne t’afflige pas. Ah ! Ne désespère pas, car tu ignores les secrets de l’Invisible. »

« Derrière le rideau, se jouent des jeux cachés, ne t’inquiète pas. »

Mémoriel, ce témoignage est la pierre qui vibre en Iran, celle d’un peuple qui refuse les barbaries. Le choc de la perte des enfants, des frères et des sœurs, des mères et des pères, des filles et des fils. Jusqu’à quand ?

Ce livre couronne la dignité et le courage et les pionnières de la révolution. Mère Ebrahimpour, pour toujours.

Comme l’exprime la quatrième de couverture, Massoumeh Raouf Basharidoust est une ancienne journaliste et prisonnière politique du régime des mollahs.

Arrêtée en 1981, condamnée à 20 ans de prison, elle s’est évadée au bout de 8 mois et vit en exil en France.

Un livre des destinées douloureuses. Essentiel, politique, il est dans cette lignée des œuvres d’importance.

Publié par les majeures Éditions Intervalle.


E. L.


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