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jeudi 30 juillet 2026

libertatea : Massoumeh Raouf, ancienne prisonnière politique, à propos de la situation des femmes dans la société iranienne : « La misogynie n'est pas un simple trait de caractère du pouvoir, mais un système institutionnalisé que l'on peut qualifier d'apartheid sexuel »

 


Par Denis Grigorescu | Article publiée sur le site web de Libertatea en langue roumaine.

Ancienne prisonnière politique dans l'une des prisons les plus terribles d'Iran, Massoumeh Raouf a réussi à s'évader après huit mois, en 1982, et a pu s'enfuir en France en 1985. Son frère a été tué en 1988, et depuis plus de quatre décennies, Massoumeh Raouf manifeste contre le régime oppressif en Iran. Dans un entretien exclusif accordé à Libertatea, Massoumeh Raouf, autrice de plusieurs livres, s'est confiée sur ses terribles expériences, mais aussi sur son courage et sa détermination dans le combat pour la liberté et la justice en Iran.

Témoin des injustices commises sous le régime des mollahs, l'écrivaine et journaliste Massoumeh Raouf a choisi de défendre les droits fondamentaux de son peuple, malgré le lourd tribut payé par l'exécution de son jeune frère. Incarcérée pour son engagement, elle refuse de se taire et inspire de nombreux militants iraniens.

Massoumeh Raouf, née en 1961, a été prisonnière politique du régime des mollahs en Iran. Elle a été arrêtée en 1981 et condamnée à 20 ans de prison. Cependant, après huit mois, elle a réussi à s'évader, une expérience relatée dans son livre « Évasion de la prison en Iran », publié en 2022 aux éditions Balland en France. En 1988, son jeune frère a été exécuté lors du massacre des 30 000 prisonniers politiques iraniens. En mémoire de son frère, elle a écrit la bande dessinée « Un petit prince au pays des mollahs ».

Entre 1996 et 2001, elle a mené des recherches sur les familles des personnes exécutées pour des raisons politiques et sur la situation dans les prisons en Iran. Le résultat a été un ouvrage collectif : « Le Massacre des prisonniers politiques » et « Héros enchaînés ».

Membre de la Société des Gens de Lettres (SGDL) et du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), Massoumeh Raouf vit en exil depuis plus de 40 ans. Engagée dans la « Campagne du mouvement pour la justice en faveur des victimes du massacre de 1988 », elle lutte aujourd'hui pour que les auteurs de ce « crime contre l'humanité resté impuni » soient traduits en justice.

Massoumeh Raouf donne régulièrement des conférences dans les collèges et les lycées pour raconter les drames que sa famille et elle ont traversés.




« À 20 ans, j'ai été soumise à un procès-fantôme de dix minutes »

Massoumeh Raouf s'est confiée à Libertatea sur les raisons qui l'ont poussée à protester contre le régime iranien depuis plus de 40 ans. Massoumeh Raouf explique que sa protestation n'est pas un simple engagement politique, mais une nécessité vitale dictée par l'histoire de son pays et par sa propre expérience de vie. Pour la militante originaire d'Iran, ce combat repose sur trois motifs fondamentaux.

« En premier lieu, la trahison des idéaux de la révolution de 1979. Ma génération est descendue dans la rue avec un immense espoir de liberté et de justice pour mettre fin à la dictature du Shah. Le fait que cet espoir ait été confisqué par Khomeini et remplacé par une théocratie absolue, le Velayat-e Faqih, a été le premier moteur de ma résistance. Nous ne nous sommes pas révoltés pour passer d'une dictature à une autre ; nous voulions une république démocratique.

En deuxième lieu, mon rôle de journaliste m'a placée en première ligne de l'oppression. J'ai vu comment le régime a commencé à « briser les plumes » et à interdire toute presse indépendante. Informer est alors devenu un acte de combat. J'ai moi-même subi la brutalité physique de ce système : j'ai été sauvagement lynchée en plein centre-ville de Rasht, simplement pour avoir distribué un journal d'opposition. À ce moment-là, j'ai compris que, face à une telle barbarie, le silence était une complicité.

Enfin, il existe une responsabilité morale inaliénable. À 20 ans, j'ai été soumise à un procès-fantôme de dix minutes. Dans ma cellule, j'ai partagé le quotidien de jeunes femmes héroïques qui ont été torturées et exécutées pour leurs idées. Depuis mon évasion et mon exil, je porte leurs voix en moi. Renoncer au combat reviendrait à trahir leur mémoire, ainsi que celle de mon frère Ahmad, exécuté en 1988. Aujourd'hui, j'écris parce que c'est un acte de justice, pour que ces sacrifices ne soient jamais oubliés », a expliqué Massoumeh Raouf à Libertatea.

Selon elle, un changement réel et positif en Iran ne peut être imposé de l'extérieur, car « il doit impérativement provenir de la volonté souveraine du peuple iranien et de sa résistance organisée. L'histoire nous apprend que les changements durables naissent de l'intérieur ; bien que des interventions militaires ou des bombardements puissent affaiblir un appareil d'État, ils ne sont jamais suffisants pour provoquer la chute durable d'un régime ou instaurer une démocratie pérenne. La véritable force de transformation réside dans le rejet massif du système par la population, une réalité illustrée par les soulèvements successifs de 2017, 2019 et, d'une manière encore plus tragique, par les événements de janvier 2026. Cette solution repose sur l'existence d'une alternative démocratique crédible, représentée par le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) et le plan en dix points de Mme Maryam Radjavi, qui propose la vision d'un avenir fondé sur la démocratie et la séparation de la religion et de l'État. C'est cet espoir d'un Iran souverain, libre et en paix avec le monde qui guide mon combat au quotidien. »



« J'ai vu mes amies et mes compagnes de cellule être menées devant le peloton d'exécution »

En septembre 1981, Massoumeh Raouf a été arrêtée par la police car elle était soupçonnée d'être une sympathisante du mouvement des Moudjahidines du peuple d'Iran. L'écrivaine iranienne a raconté ce qu'a été cette journée pour elle.

« Le 13 septembre 1981, j'ai été arrêtée en pleine rue. À l'époque, un simple soupçon de sympathie envers l'opposition suffisait pour être arrêté, torturé et, parfois, exécuté sans aucun procès. Ce jour-là, j'étais habitée par un sentiment de mission et de deuil : je me rendais dans la rue Pamchal, à Rasht, pour participer à une cérémonie en la mémoire de mon amie proche, Sousan Shademani. Une étudiante en soins infirmiers âgée de 19 ans venait tout juste d'être torturée et fusillée avec une rapidité effroyable par les bourreaux du régime », se remémore Massoumeh Raouf.

Son calvaire a commencé dans le sous-sol de la prison du Sepah – les Gardiens de la révolution – à Rasht. Les conditions y étaient d'une déshumanisation totale : elle était enfermée dans une boîte en béton de 4 mètres sur 5, éclairée par une faible ampoule, sans lit et sans robinet, n'ayant que quelques couvertures sales sur le sol.

« Mon procès a été une parodie de justice de dix minutes : sans avocat, sans preuves et sans droit à la défense, j'ai été condamnée à 20 ans de prison, alors que je n'avais que 20 ans et que toute ma vie s'effondrait. Les moments les plus insupportables ont été, sans aucun doute, ceux où j'ai vu mes amies et mes compagnes de cellule être menées devant le peloton d'exécution. Parmi tous ces visages héroïques, celui de Batoul Assadi reste une plaie ouverte dans ma mémoire. Batoul avait 24 ans et était étudiante en géologie ; nous étions devenues très proches, partageant nos histoires intimes et même nos projets d'évasion. Le 15 novembre 1981, elle a été exécutée. Vivre ces exécutions en direct et entendre le bruit des balles qui tuent vos amies est une épreuve qui vous marque à vie ; c'est pour elles que j'ai transformé ce traumatisme en témoignage dans mes livres », raconte Massoumeh Raouf.

Heureusement, en 1982, elle a réussi à s'évader aux côtés de plusieurs codétenues. « Dans un tel endroit, l'idée même d'évasion semble irréalisable, presque un rêve inatteignable. Pourtant, ce qui peut transformer l'impossible en réalité, c'est la volonté inébranlable de ceux qui refusent de se soumettre. Forte de cet esprit de résistance collective, notre équipe a décidé de tenter l'impossible. Pour nous, cette évasion n'était pas seulement une quête de liberté individuelle, mais un message clair et puissant adressé au régime des mollahs : « Vous ne briserez pas notre résistance. » Les risques étaient immenses. Nous savions qu'à tout moment, nous pouvions être repérées depuis les tours de surveillance des pasdars. Une seule rafale de mitrailleuse aurait suffi à nous abattre. Si nous avions été capturées, la torture ou l'exécution nous auraient attendues inévitablement. Honnêtement, je ne pensais pas sortir vivante de cette opération », raconte l'écrivaine iranienne.

L'exil et la reconstruction en France

Après son évasion, elle a vécu deux années extrêmement intenses dans la clandestinité. Le danger était permanent : face à une résistante, le régime est impitoyable et elle risquait à tout moment d'être arrêtée et exécutée. Les familles courageuses risquaient elles-mêmes la peine de mort pour l'avoir accueillie. Bien qu'elle ne souhaitât pas quitter son pays, sa condamnation à mort l'a contrainte à l'exil afin de pouvoir poursuivre le combat contre le régime des mollahs.

« Mon départ a été une véritable odyssée organisée par les réseaux de la Résistance. Je suis d'abord arrivée dans le Kurdistan iranien, puis j'ai traversé la frontière vers l'Irak à cheval, guidée par des sympathisants kurdes. Après quelques mois d'attente en Irak, j'ai déposé une demande d'asile et suis finalement arrivée en France en 1985. J'ai reçu des menaces depuis que je suis partie en exil. Dès lors que l'on s'oppose publiquement au régime, on s'expose à des intimidations physiques et à des campagnes de calomnie sur internet ou à des pressions constantes sur la famille restée au pays », précise Massoumeh Raouf.

Comment elle a reconstruit sa vie en tant que réfugiée politique en France

Le moment le plus douloureux pour Massoumeh Raouf en 1982 a été lorsqu'elle a appris que son jeune frère, Ahmad, qui n'avait alors que 17 ans, était détenu dans la prison même d'où elle venait de s'évader. Les tortionnaires, humiliés par son évasion, l'avaient accusé à tort de complicité pour l'utiliser comme otage : « Je vivais avec la douleur insupportable de savoir qu'il était soumis à des interrogatoires brutaux à cause de moi, tandis que mon cousin Ali, membre des Pasdars, faisait pression sur mon père pour que je me rende. Ahmad m'a sauvée de ce cruel dilemme en transmettant à ma mère qu'il était fier de moi et qu'il m'encourageait à poursuivre le combat ; sa force morale exceptionnelle est devenue le moteur de mon engagement inébranlable ».

Pas à pas, Massoumeh Raouf a réussi à se bâtir une nouvelle vie après son évasion et explique que sa reconstruction s'est appuyée sur deux piliers indissociables : l'intégration culturelle et la poursuite tenace de son engagement politique.

« Je suis arrivée en France en tant que réfugiée politique, car ce pays représentait pour moi le symbole universel de la liberté, de la Résistance contre le fascisme et des droits de l'homme. À mon arrivée, je ne connaissais pas un mot de français, bien que je connaisse déjà ce pays à travers sa prestigieuse littérature. L'apprentissage de la langue a été mon premier défi, une véritable aventure intellectuelle qui m'a permis de m'intégrer dans mon nouveau pays d'accueil. Grâce à la solidarité du peuple français, j'ai réussi à m'intégrer et à transformer mon exil en un nouveau terrain de combat. Depuis lors, j'ai poursuivi mon combat au sein du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI). Cette coalition, qui fonctionne comme un parlement en exil depuis 1981, rassemble divers courants — des libéraux aux progressistes — et des personnalités issues de toutes les composantes de la société iranienne, unies pour une alternative démocratique. L'écriture est devenue le principal instrument de ma résilience. Ce travail de mémoire a porté ses fruits à travers la publication de trois ouvrages majeurs : la bande dessinée qui raconte l'histoire de mon frère Ahmad, héros innocent assassiné lors du massacre de 1988 ; mon témoignage sur mon évasion ; et enfin, mon troisième livre, « Ô mères d'Iran », paru en mars 2026. Cette reconnaissance littéraire a été couronnée par la Médaille d'argent 2025 de la Société des Auteurs et Artistes Francophones. En brisant le mur du silence et en créant ce lien direct avec le public, j'ai trouvé un sens profond à mon exil », précise Massoumeh Raouf.

 Massoumeh Raouf a publié trois ouvrages à succès. Source photo : Archives personnelles

Elle a appris après trois ans que son frère avait été tué

En 1988, Ahmad, son jeune frère, a été exécuté lors du massacre des 30 000 prisonniers politiques en Iran. Massoumeh Raouf a révélé à Libertatea comment elle a appris cette terrible nouvelle. En mars 1988, elle avait reçu une lettre de son frère Ahmad, une lettre qui l'avait remplie de joie : il venait d'être libéré après cinq ans de prison et lui confiait son désir ardent de la rejoindre pour continuer le combat ensemble.

« Je l'attendais chaque jour avec une impatience fébrile, m'imaginant nos retrouvailles après tant d'années de séparation. Mais les mois passaient sans nouvelles. J'étais rongée par l'inquiétude, d'autant plus que des rumeurs d'exécutions en masse de prisonniers politiques commençaient à se répandre. L'anxiété est devenue insupportable. Ne pouvant plus supporter l'attente, j'ai décidé d'appeler mon père en Iran pour savoir si Ahmad avait déjà pris la route. Lors de cet appel, mon monde s'est effondré. Mon père, la voix tremblante de surprise, m'a répondu par une question qui m'a glacé le sang dans les veines : « Mais il n'est pas avec toi ? Il nous a dit au revoir pour venir te voir. S'il n'est pas avec toi, alors où est-il ? ». À ce moment précis, j'ai compris la tragédie : Ahmad n'avait jamais réussi à quitter le pays. Il était tombé dans un piège des services de renseignement sur le chemin de la liberté et avait été renvoyé en prison. Pendant trois longues années, mon père a erré d'une prison à l'autre, cherchant désespérément un nom sur une liste ou une tombe, mais le régime restait muet. Ce n'est qu'en 1991 que les agents des services de renseignement du régime lui ont enfin avoué qu'Ahmad avait été exécuté à la prison d'Oroumieh. Les bourreaux n'ont pas rendu ses restes et n'ont pas non plus indiqué le lieu de son inhumation, créant ce qu'Amnesty International qualifie de « torture ininterrompue » pour les familles », raconte Massoumeh Raouf avec émotion.

Les méthodes horribles par lesquelles les détenus politiques étaient assassinés

Entre 1996 et 2001, elle a mené des recherches approfondies en s'entretenant avec les familles des victimes du massacre de 1988 et sur la situation dans les prisons en Iran. Elle a raconté à Libertatea les détails appris qui l'ont le plus choquée :

« Ce qui m'a le plus choquée au cours de cette quête de vérité, c'est la planification méthodique et la cruauté multiforme de ce génocide. À la prison d'Evin, les témoignages montrent que la pendaison était considérée comme trop lente et que des centaines de détenus ont été rassemblés dans la piscine vide de la prison pour être massacrés à la mitrailleuse, les laissant couler dans leur propre sang. À Oroumieh, j'ai découvert que les détenus, parmi lesquels se trouvait probablement Ahmad, ont été emmenés sur les collines environnantes pour être littéralement massacrés avec des armes blanches – avec des machettes et des haches –, loin des regards indiscrets. Les membres de la « Commission de la mort », qui ont occupé les plus hautes fonctions de l'État, doivent répondre de ce génocide que l'ONU a enfin reconnu officiellement en 2024. En documentant chaque nom, chaque lieu et chaque méthode d'exécution, nous avons créé une base juridique pour mettre fin à l'impunité de ces criminels et faire justice aux 30 000 victimes, parmi lesquelles figure mon cher frère Ahmad. »

Combattre l'apartheid sexuel et la misogynie institutionnalisée

Lors de cet entretien avec Libertatea, Massoumeh Raouf s'est également exprimée sur la manière dont la misogynie institutionnalisée peut être combattue en Iran.

« Je rêve d'un Iran où personne n'est emprisonné pour ses opinions »

« La misogynie en Iran n'est pas un simple trait de caractère du pouvoir, mais un système institutionnalisé que l'on peut qualifier de véritable apartheid sexuel. Pour combattre une telle structure, mon analyse et mon expérience au sein de la résistance montrent que la solution ne consiste pas à demander des réformes partielles ou des droits isolés. Comme l'ont crié les femmes iraniennes lors du soulèvement de 2022, l'objectif n'est pas d'obtenir une concession particulière, mais de renverser dans son ensemble le régime misogyniste des mollahs. Elles ont compris que la liberté vestimentaire, l'égalité et d'accès aux droits sociaux et politiques sont intrinsèquement liés à la disparition de cette théocratie.

Ce combat se mène sur plusieurs fronts indissociables. En premier lieu, il repose sur le leadership des femmes qui, loin d'être de simples victimes, sont devenues des actrices centrales et le moteur de la résistance organisée. Pour que cette lutte aboutisse, la solidarité internationale doit cesser d'être une simple posture et devenir une action concrète d'isolement diplomatique du régime. Le monde doit reconnaître le droit du peuple iranien à la résistance et soutenir son alternative démocratique », explique l'écrivaine et militante originaire d'Iran.

Massoumeh Raouf a également révélé ce que la liberté signifie pour elle. Pour la militante iranienne, la liberté est bien plus qu'un simple ideal, c'est une nécessité vitale :

« Je rêve d'un Iran où chaque citoyen peut choisir librement ses dirigeants, sans crainte et sans contraintes, où la liberté d'expression n'est pas un privilège, mais un droit fondamental. Un pays où personne n'est emprisonné pour ses opinions, où la voix de chacun compte vraiment. Je rêve également d'une société où les femmes jouissent des mêmes droits que les hommes, où leur place n'est pas imposée, mais choisie. Un Iran qui embrasse sa richesse culturelle et religieuse, où la diversité n'est pas seulement tolérée, mais célébrée. La liberté, la démocratie et la paix ne sont pas de simples mots, mais les aspirations profondes d'un peuple qui refuse de se taire. Car, au fond, aucune force ne peut éteindre la volonté d'une nation déterminée à vivre dans la dignité, la tête haute et en liberté. »

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